Tchad : il faut arrêter de soutenir un régime désastreux, rejeté par son propre peuple et œuvrer plutôt pour un développement véritablement inclusif

Les Tchadiens en ont marre du régime Deby ; un désastre qui continue de traîner avec lui le Tchad au plus bas niveau des indices internationaux du développement humain. Par la faute de ce régime farceur, la majorité des Tchadiens vit toujours, après plus d’un quart de siècle de gouvernance, sous le seuil de la pauvreté, sans accès adéquat à des services pourtant indispensables dont tout être humain dans un pays normal, est censé en avoir. Comment préférer une classe gouvernante sans substance alors que les statistiques soutiennent sans contestation aucune que le Tchad est mourant… Cette situation critique devrait préoccuper les plus hautes autorités du pays si celles-ci avaient même la moindre considération envers le peuple et les postes de responsabilité dont elles occupent. Mais hélas, cela ne semble pas être le cas !

Un tel pouvoir, qu’il soit dit incontournable dans une prétendue lutte contre le terrorisme, ne devrait être perpétuellement imposé à un peuple qui le rejette catégoriquement d’ailleurs. Un tel pouvoir, sous prétexte de coopération bilatérale, ne devrait bénéficier d’appui militaire étranger pour massacrer des soulèvements légitimes contre lui, lui qui durant tout son règne a semé des germes de division et récupéré pour lui seul la gouvernance du Tchad, doit donc affronter aussi seul ses défis. Il faut donc que la France arrête de s’ingérer dans ce conflit et sache que les affaires internes du Tchad ne devraient être détournées pour des fins néocolonialistes.

En effet, le vrai terrorisme qui asphyxie le Tchad est nul autre que le régime Deby, puisque depuis 28 ans, ce régime récalcitrant gouverne par la terreur et n’a quasiment rien fait de bon pour son peuple. Tristement, il brille plutôt à travers les derniers rangs qu’occupe le Tchad dans presque tous les domaines, sauf bien évidemment le domaine de conflits armés, la corruption, le vol, le sous-développement, l’instabilité gouvernementale, le népotisme et tout ce qui y va avec.

Ce régime paresseux dirait qu’il a retrouvé le Tchad à terre, oubliant que si le Tchad était à terre, c’est justement parce qu’il avait officié dans l’administration précédente et avait contribué à la déstabilisation du pays. Il dirait qu’il a rétabli la paix au Tchad ; qu’il a bitumé des routes et construit des infrastructures sociaux ; qu’aujourd’hui le Tchad est un pays de droit consacrant dans sa constitution toute sorte de libertés, pourtant ces libertés sont les mêmes qu’il bafoue au quotidien. 
Peut-on encore compter le nombre de Tchadiens victimes du système judiciaire à deux poids deux mesures de ce régime ? 
De façade, ce régime semble être la meilleure des choses à se réaliser au Tchad depuis « l’indépendance » du pays de la France colonisatrice, alors qu’au fond et en réalité, le bilan de ce régime est le plus désastreux de l’histoire du Tchad. Le constat est irréfutable.

Après 28 ans de gouvernance autocrate, si le pays traîne toujours et l’on n’a pas de solutions concrètes, autre qu’une division systématique, la manipulation des différentes communautés ethniques pour des fins politiques, le favoritisme religieux et l’injustice, il faut dignement préparer sa retraite et passer le relais à une personne ou coalition plus apte et à la hauteur de la charge.

Le régime Deby a certes bitumé des routes (qui sont d’ailleurs impraticables aujourd’hui) et construit des hôpitaux, mais qu’il sache que le développement réel et équitable, ne se réduit pas à des éléphants blancs, ou des faveurs envers les siens par des moyens étatiques. 
Le développement dont il prétend avoir réalisé, est ce le fait que plus de 90 % des ménages tchadiens n’ont ni accès à l’énergie ni à de l’eau potable ? Aucun président sérieux dans ce monde entier ne serait fier d’un tel bilan chaotique et refuser toujours de quitter le pouvoir, même si du côté sécuritaire, il aurait réussi à freiner l’expansion de groupes terroristes dans la sous-région, cela n’est pas extraordinaire, toute autre personne consciente aurait fait pareil.

Mais le Tchad, cependant, ne peut continuer de jouer éternellement au gendarme de la sous-région parce qu’une certaine personne voudrait s’éterniser au pouvoir à travers des soutiens néocolonialistes. Que la France sache que Deby, qu’il se drape de toutes les distinctions militaires, est et sera comme tout être humain, passager, qui ne pourrait garantir la survie du Tchad éternel. Beaucoup plus distingués sont passés avant lui et sûrement d’autres feront leur passage après lui. C’est la vie, c’est normal.

Au lieu donc de s’accrocher au pouvoir et cultiver un culte de sa personnalité, il serait plus sage d’œuvrer pour un développement réellement intégral afin d’entrer naturellement dans l’histoire et non s’imposer par la terreur, la duperie et des réalisations pacotilles, car tôt ou tard, l’histoire, la vraie, se rétablira.

Ce développement dont a besoin le Tchad n’est sûrement pas une exclusion de personnes sur la base de confessions religieuses ou spirituelles, soi-disant légitime, qui se justifierait du fait qu’un serment ait été retenu par un groupuscule de partisans pro-régime.
Le véritable développement, n’est pas aussi le simple fait de construire ici et là des établissements scolaires, alors que le pays peine à développer son propre système éducatif autant excellent que les systèmes de ses pays voisins.

Il est anormal qu’après une si longue durée au pouvoir, la jeunesse tchadienne soit obligée de quitter le pays non pas pour découvrir le monde autour, mais parce que dans son pays, il faut 3 à 6 ans pour achever un parcours universitaire alors que normalement, cela ne devrait s’étaler que sur une période de trois ans ou moins. Le ridicule est, qu’ailleurs où le régime a eu le privilège de se rendre à maintes reprises et apprécie d’ailleurs régulièrement le savoir-faire étranger, il est conscient que chez les autres, il n’existe pratiquement pas d’ambiguïté dans les affaires publiques ni de négligence vis-à-vis de son peuple. Alors de qui se moque-t-il ?
Là-bas, comme peut attester même le régime, les autorités se soucient sans cesse de l’avenir commun et préparent soigneusement la génération future dans son ensemble, sans discrimination, à prendre la relève le moment venu.

Or, au Tchad, c’est le contraire, et Idriss Deby qui incarne lui-même ce régime l’a dit haut et fort qu’aucun Tchadien ne serait capable de diriger le Tchad après lui ! 
Si tel est le cas, ce régime affirme donc qu’il a échoué dans cette noble mission de servir le peuple tchadien et d’assurer la continuité de l’administration publique. 
Le fait qu’il y est une vingtaine de groupes rebelles et une centaine de partis politiques opposés à ce pouvoir, prouve à suffisance que le peuple ne le désire plus. 
Il a échoué aussi, car au lieu de développer le Tchad, il s’est servi lui-même, laissant faire ses partisans et petites formations politiques alliées. Mais pour eux, cela est normal puisqu’ils auraient libéré le Tchad d’une dictature et ainsi ont acquis le droit de se servir et laisser faire les siens !

NDJAMENA 24| Fils du Tchad

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