S’il n’y avait ‘rien à régler’ au Tchad, il ne serait pas dernier au monde monsieur le porte-parole du gouvernement [La Tribune]

La présidence tchadienne n’a pas de compte à rendre à personne, ni le peuple, ni les différentes forces politiques. C’est en tout cas, ce que l’on peut en toute légitimité déduire du comportement souvent décevant des plus hauts fonctionnaires qui occupent en ce moment le palais présidentiel.

Le dysfonctionnement notoire de la présidence, par son instabilité administrative ; remaniements presque quotidien de l’équipe gouvernementale ; scandales financiers et graves allégations, ont fait du Tchad un État d’amateurs, sans structures fortes ni dirigeants visionnaires, qui puissent assurer une alternance pacifique, démocratique et le respect stricte du calendrier électoral, mais surtout ce droit fondamental d’un peuple souverain d’élire et de renouveler dans la quietude totale ses représentants, y compris le chef de l’État. 

Alors que d’une part, le gouvernement se précipite pour prendre part à des forums internationaux, et organise régulièrement aussi des rencontres au Tchad (et même à Paris) ; d’autre part, cependant, ce même gouvernement refuse d’aborder des questions sur l’opposition politique et la situation socio-économique dégradante du pays. Il semble qu’à travers ce boycott non fondé, le gouvernement nous laisse croire (parfois explicitement aussi) que les priorités du Tchad ne sont pas celles du peuple, mais plutôt celles d’un régime qui malgré son impopularité grandissante et bilan catastrophique, s’accroche toujours au pouvoir par des beaux discours politiques, et des fois des répressions barbares à balles réelles. Est ce que ce sont là les caractéristiques d’un État de droit ou d’une nation dite républicaine ?

Invités à Genève pour prendre part à une rencontre des acteurs politiques et de la société civile du Tchad, ce mercredi et jeudi, le gouvernement tchadien avait purement et simplement apposé son refus catégorique, comme quoi, selon le porte-parole du gouvernement, Oumar Yaya Hissein : « les problèmes du Tchad, se règlent au Tchad et non-ailleurs. » Au même serviteur du régime d’ajouter : « je ne vois vraiment pas l’opportunité de cette rencontre et je ne sais pas quel problème, il y a à régler. Pour nous, c’est un non-évènement. »

Un ministre sérieux, au service du peuple, de surcroit ministre de la communication, ne sortira jamais de son silence pour prendre une posture aussi défensive, arrogante et contrevérité.

Il n’est un secret pour personne que rien ne va Tchad. Les statistiques les plus crédibles au monde le disent. Les fonds pétroliers qui depuis 2003 devraient entrer tous dans les caisses de l’État ont plutôt servi à faire de certains privilégiés du régime des multi-milliardaires, du jour au lendemain, sur le dos de pauvres contribuables, qui croupissent dans la misère, abandonnés par leurs propres élus.

Le Tchad ne va pas et il y a des problèmes à régler, lorsque les citoyens ne peuvent pas facilement se déplacer de N’Djamena vers leurs villages, et vice-versa, faute de routes praticables en cette année 2019 ! Rien ne va non plus, lorsque des présumés malfaiteurs sont torturés à mort, de manière extrajudiciaire, dans des commissariats censés le protéger. Où est le droit, monsieur le porte-parole ?

Que le ministre et ses collègues soient informés, il existe bien et bel des problèmes au Tchad, sinon il ne serait pas sous-développé ; il ne serait pas le dernier en matière de transparence économique et politique ; il n’aurait non plus de guerres civiles dans le nord du pays, ni des infiltrés terroristes au long de ses frontières ouest. 

Un ministre saurait, que rien ne va, lorsque les enseignants sont régulièrement en grève pour réclamer des arriérés et meilleurs conditions de travail. On leur fait savoir qu’il n’y a pas d’argent, mais en ce même temps, le Trésor public se vide pour entretenir le train de vie extravagant de certains qui se prennent pour une famille royale dans une République, bien qu’elle soit à l’apparence monarchique. Lorsque des magistrats dénoncent une « ingérence intempestive » du ministère de la Justice et hauts fonctionnaires de l’Etat, dit intouchables ; lorsque la capitale N’Djamena et grandes villes du pays sont constamment au centre de disputes municipales, fuite de responsabilités, détournements et grèves… tout cela veut dire que ça ne va pas du tout. Et quand des proches, qui n’ont aucun statut officiel d’ailleurs, se mêlent des affaires étatiques et confondent leurs activités privées ou humanitaires à des devoirs régaliens, pour seul but d’en tirer intérêts personnels ; monsieur le ministre, il y a des choses graves à régler. 

Nous sommes tous Tchadiens, et voulons le bien pour notre unique et seule patrie, importe peu la couleur politique que porte un président, un parlementaire ou un ministre. Cependant, mentir, duper le peuple et faire semblant que tout va bien alors que le pays est à terre est tout simplement criminel et immoral, pour des gens qui se disent des leaders indispensables.

Fils du Tchad | NDJAMENA 24

3 thoughts on “S’il n’y avait ‘rien à régler’ au Tchad, il ne serait pas dernier au monde monsieur le porte-parole du gouvernement [La Tribune]

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