Maroc Telecom au Tchad, les principaux défis

Le 14 mars dernier, Maroc Telecom a annoncé le rachat de Tigo Tchad pour l’avenir proche. Jeudi 27 juin, la multinationale marocaine a annoncé l’acquisition définitive de la marque luxembourgeoise.

Premier opérateur de la téléphonie mobile au Tchad

Maroc Telecom hérite ainsi un réseau de qualité qui couvre quasiment l’ensemble du territoire tchadien. Entrée au Tchad en 2005, l’opérateur luxembourgeois a graduellement absorbé un part significatif du marché pour devenir leader « en terme d’abonnés et de chiffre d’affaires. » indique haut et fort Tigo Tchad sur son site officiel, qui se félicite par ailleurs d’avoir été le premier fournisseur d’Internet « à lancer la 4G au Tchad et dans toute la zone CEMAC d’ailleurs. »

Mais avant Tigo, il y avait déjà un autre opérateur étranger. Airtel, qui exerce dans le même secteur avec plus de 3 millions de clients, cela en 2013, a été lancée dans le pays en 2010 ; elle, pour sa part bâtie sur la marque CELTEL, la première entreprise de télécommunications à être implantée au Tchad, en 2000.

Les deux se sont imposés sur le marché et se livrent occasionnellement à une guerre de prix afin d’attirer les milliers de consommateurs qui se plaignent régulièrement des prix exorbitants pour accéder à Internet ou effectuer des appels internationaux. En 2018, le gouvernement avait annoncé son désir d’ouvrir le marché à un troisième concurrent, mais depuis, l’on en sait pas à quel niveau se trouve cette vision.

Société étatique, la SOTEL opère presque inaperçue, face à l’influence des deux entreprises étrangères. Dans l’optique de redynamiser celle-ci, le gouvernement tchadien a signé le 28 juin dernier un accord tripartite de financement, estimé à plus de 216 millions de dollars, avec l’État chinois et la multinationale Huawei pour fournisseur. La SOTEL devrait bénéficier d’une mise à jour de ses infrastructures, entre autres, d’un réseau 4G, un centre national de données numériques, et de la fibre optique, à partir de septembre cette année.

Grands défis à relever 

Maroc Telecom bénéficie dès le départ, à travers l’acquisition de Tigo Tchad, d’un réseau fiable et d’une marque reconnue ; globalement appréciée de par le pays, avec 85 % de la population desservie.

Mais par rapport à son premier compétiteur Airtel, Tigo était pour plusieurs consommateurs, une seconde option pour ses prix un peu plus élevés.

Maroc Telecom, pourrait au-delà des jeux concours qu’organisait souvent son prédécesseur, véritablement retenir et aider la clientèle tchadienne en réduisant les coûts de communication. Coupé du monde virtuel depuis mars 2018, les internautes tchadiens apprécieront sans doute un lobbying auprès des hautes autorités du pays pour une levée de la censure d’Internet. Le régime actuel, plusieurs fois sonné par les pays occidentaux et organisations internationales à garantir les libertés d’expression et droits fondamentaux à tous ces citoyens, saisirait normalement l’occasion pour renouveler et préserver sa réputation de libérateur.

Il faut aussi noter la grève entamée par le personnel de Tigo Tchad, qui deviendrait un défi à Maroc Telecom de gérer et prendre des précautions afin d’éviter dans l’avenir la perturbation de son service et satisfaire en même temps ses employés.

Avec un chiffre d’affaires qui s’élève à 3,7 milliards de dollars en 2018 et une influence qui s’étend désormais sur 11 pays africains, Maroc Telecom, semble-t-il, n’aurait aucun obstacle majeur à « investir dans la transformation numérique » du Tchad, comme l’avait souhaité son prédécesseur Tigo. 

NDJAMENA 24

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