Liberté de la presse : le Tchad améliore son classement mondial mais reste toujours récalcitrant

En 1990, un certain rebelle tchadien en faisant son entrée triomphale dans la capitale, N’Djamena, prononçait un discours historique dont le passage « ni or ni argent, mais la liberté » devient le refrain du nouveau régime « libérateur ». Mais 28 ans après, le Tchad peine à concrétiser cette démocratie et liberté promise par l’ex rebelle, le président Idriss Deby Itno, depuis lors au pouvoir.

Dans ce pays de l’Afrique centrale, enclavé et appauvrit, la population se plaint régulièrement de violations graves des droits humains. Disparitions mystérieuses de journalistes, arrestations arbitraires et tortures ont envahi la vie des professionnels, opposants politiques, mais aussi celles des citoyens lambdas jugés trop dérangeants.

Le rapport 2019 de Reporters sans frontières (RSF) en ce qui est de la liberté de presse ne surprend donc pas. Bien que le Tchad améliore sa position sur l’année précédente, de la 123e à la 122e place, il est officiellement reconnu que le Tchad reste un pays récalcitrant dans le domaine.

Selon RSF, « il ne fait pas bon d’être journaliste au Tchad. », car oser critiquer le chef de l’État ou la classe gouvernante entraîne d’office à des arrestations et mésaventures judiciaires.

Cette répression ne se limite cependant pas aux rédactions des journaux. Aussi, au lieu de protéger les journalistes lors des couvertures médiatiques, les forces de l’ordre fidèles au régime de N’Djamena s’en prennent plutôt violemment à ces derniers. Confisquant souvent leur matériel de travail ou les contraignant à supprimer des fichiers avant d’être relaxés.

La presse tchadienne déplore cette attitude moyenâgeuse des autorités alors que des lois bien précises encadrent le rôle des medias dans un État dit démocrate et libre.

NDJAMENA 24

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