La légèreté civique de certains citoyens expose le Tchad à une propagation éventuelle du coronavirus [La Tribune]

Malgré les mesures préventives prises dans le sens de la lutte contre la propagation mondiale du coronavirus (Covid-19), telles que le confinement, la restriction sur les rassemblements, la fermeture des frontières et lieux d’attroupements, une hygiène stricte, etc., bon nombre de Tchadiens continuent à vaquer obstinément à leurs activités au quotidien comme si de rien n’était. Pire, de ces citoyens qui s’entêtent, certains essayent même de contredire ces consignes scientifiques par des arguments bidons selon lesquels le coronavirus ne peut survivre en cette période de chaleur au Tchad. D’aucuns rétorquent même qu’il s’agirait d’une pandémie occidentale… Une sorte de punition divine. Sur quelles expertises se basent ces citoyens têtus, seul Dieu qui leur aurait dit que lui seul est la cause et la solution à cette maladie le saura !

Malgré aussi la fermeture mutuelle des frontières tchado-camerounaises, dans le but de contenir l’une des pires pandémies que connaît aujourd’hui le monde, des centaines d’étudiants de nationalité tchadienne résidant au Cameroun ont pénétré par force ou clandestinement les frontières tchadiennes. Une flagrante violation ces mesures impératives qui ont été imposées, justement en temps de crise, dans le seul but de protéger l’ensemble des citoyens. Si ce virus invisible a franchi les frontières chinoises, la mer et des milliers de kilomètres pour envahir la quasi-totalité de la planète, ce n’est pas une frontière terrestre qui sera pour cette pandémie un obstacle à franchir ! En fuyant le Cameroun, sans se faire dépister, ni prendre respecter les précautions officielles, les étudiants pourraient bien être à la base d’une éventuelle propagation du coronavirus au Tchad, au cas où ils seraient porteurs du virus sans le savoir. 

Selon des témoins, quelques jours plutôt aussi, des passagers entrant au Tchad par voie aérienne et qui ont été mis temporairement (14 jours) en quarantaine dans des hôpitaux locaux, ont quitté au vu et au su des autorités leurs lieux de confinement comme quoi ils n’étaient pas à l’aise et courraient le risque même d’être contaminés étant donné les conditions très médiocres des lieux de logement. Le premier cas du coronavirus enregistré au Tchad le 19 mars dernier est un ressortissant marocain venu du Cameroun voisin (13 cas du coronavirus enregistrés) par vol quelques jours avant la fermeture temporaire de l’aéroport international de N’Djamena, selon le gouvernement tchadien. Cela, veut-il dire que d’autres passagers ayant pris le même vol ou le personnel de l’aéroport ayant eu un contact direct avec l’expatrié marocain seraient aussi contaminés ? Le gouvernement, a-t-il déjà déployé les moyens nécessaires afin de traquer, dépister et confinés toutes ces personnes et leurs proches auprès desquels ils se sont rapprochés ces derniers jours ? L’heure n’est justement pas à la panique, mais comme dit-on “mieux vaut prévenir que de guérir”, et surtout le gouvernement ne devrait pas seulement multiplier des communiqués, mais plutôt concrétiser ces discours à l’apparence politique !

Un système sanitaire faible, longtemps négligé

Les voyageurs n’ont pas malheureusement tort. Le gouvernement a certes pris des mesures drastiques, cependant, il a failli dans l’application stricte de ces mesures ! Semble-t-il, le corps médical, outre la ville de N’Djamena, ne dispose pas du matériel adéquat afin d’appliquer intégralement la décision gouvernementale, telle que le dépistage ou la prise en charge. Le corps médical sur l’ensemble du territoire court aussi le risque d’être contaminé et ensuite propagé le coronavirus du fait que les structures sanitaires au Tchad laissent à désirer. Comme la plupart des pays africains, le Tchad a fort longtemps négligé son système sanitaire, privilégiant plutôt l’appareil sécuritaire qui n’a servi qu’à la répression des voix discordantes. Aujourd’hui, le gouvernement se précipite dans tous les sens pour réanimer un système moribond. Parviendra-t-il ? Et cet épisode de pandémie mondiale serait-il enfin l’ultime alerte à un réveil de la classe gouvernante, qui a longtemps fait recours à la médecine occidentale au détriment du développement de la santé publique locale ? Ce qui est certain, cette pandémie invisible, ne fait aucune distinction entre la cours royale et les sujets ! Il faudrait donc que les mesures préventives soient strictement renforcées et la riposte collective une mission de tout un chacun, y compris des commerçants véreux qui ont déjà saisi l’opportunité d’augmenter artificiellement les prix des denrées alimentaires et produits hygiéniques. 

Fils du Tchad | N’DJAMENA 24

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