En quête d’un nouvel élan, l’Afrique se débarrasse graduellement de ses dictateurs

L’année en cours s’annonce mauvaise pour les présidents africains à vie, visiblement saoulés par les privilèges du pouvoir et qui refusent de céder la place. En Algérie, malgré son âge très avancé et faible aptitude, Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans espérait briguer un nouveau mandat à la présidentielle à venir. Mais le peuple algérien, fatigué de ce style de leadership quasi-virtuel a décidé de reprendre les choses en main. Après plusieurs semaines de revendications légitimes, l’ex chef de l’État a été contraint à une retraite précipitée. Bien avant la fin de son mandat en cours.

Au Soudan, tout est parti d’une hausse sur le prix du pain en décembre dernier. Très rapidement, les contestations s’élargissent aux défis quotidiennes confrontées par les citoyens ordinaires. Au pouvoir depuis 30 ans, le régime el-Béchir brillait plutôt par son attitude va-t-en-guerre qui a entraîné à de milliers de morts et une vague de réfugiés dans les pays voisins.

En République démocratique du Congo, cependant, c’est à travers les urnes que les électeurs ont décidé de sanctionner le régime Kabila fils au pouvoir depuis 18 ans, dont deux ont été au-delà de son dernier mandat après avoir repoussé à plusieurs reprises la présidentielle afin de se tailler une nouvelle constitution sur-mesure. Le candidat du régime controversé n’a pas malgré tout pu remporter la présidentielle expressément retardée en sa faveur.

Partout, en Afrique, il est clair que les populations ne souhaitent plus patienter dans la souffrance alors qu’une poignée de la classe gouvernante reste indifférente face aux misères que vivent les citoyens ordinaires. Accès très faible à l’électricité ; grèves et années blanches, cherté de vie et crises sociales, conflits armés, sont entre autres les difficultés qui marquent le quotidien de ces derniers.

La destitution des régimes impopulaires soulève cependant plusieurs interrogations quant à une alternance réelle du moment où ce sont les mêmes figures politiques qui prennent le relais d’un régime qu’ils avaient soutenu et servi fidèlement sans dans le passé interpeller celui-ci sur ses graves violations de droits humains et crimes économiques.

Même si certains trouvent régulièrement de nouveaux astuces pour s’accrocher au fauteuil présidentiel et étouffent sans ménagement les contestations populaires, pour les analystes politiques, il n’est qu’une question de temps pour les peuples opprimés de se révolter afin d’assurer sa survie.

NDJAMENA 24 | Fils du Tchad

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