Décès de Morsi en Égypte : indigné, le monde déplore la répression du régime Abdel Fattah el-Sisi

Mohamed Morsi, premier chef d’État égyptien démocratiquement élu le 30 juin 2012, par 51,73% des voix, est décédé en plein procès lundi 17 juin 2019, à l’âge de 67 ans. Emprisonné depuis 3 juillet 2013, les conditions — difficiles pouvant entraîner à la mort — dans lesquelles Morsi était détenu ont été plusieurs fois décriées par sa famille, alliés politiques, et organisations de défense des droits humains.

L’Ex président égyptien était au tribunal lundi pour répondre à des chefs d’accusation d’espionnage. C’est alors que cinq minutes lui sont accordées pour s’exprimer qu’il s’écroule brusquement après avoir pris la parole pour une minute à peine. Conduit à l’hôpital, l’ancien chef de l’État est déclaré mort.

Depuis la destitution de son régime, par nul autre que son ex ministre de la Défense — l’actuel président, Abdel Fattah el-Sisi — Mohamed Morsi, a été traîné devant la justice égyptienne pour plusieurs chefs d’accusation et incarcéré dans des conditions quasiment inhumaines d’après le constat d’un groupe parlementaire anglais, Human Rights Watch et investigations des médias.

Répression contre militants 

L’actuel président égyptien, Abdel Fattah el-Sisi, au pouvoir depuis la destitution de Mohamed Morsi, a mené une répression sans merci contre les Frères musulmans et proche collaborateurs du régime Morsi, avant de dissoudre, en fin de compte, l’aile politique des Frères musulmans. En 2019, il initie une modification de la constitution afin de garantir la possibilité d’être candidat à sa propre succession jusqu’en 2030. 

Emprisonnés, plusieurs opposants au régime el-Sisi sont décédés en prison ou condamnés à mort dans des procès expéditifs, teintés de graves irrégularités.

Recep Tayyip Erdogan indigné

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a exprimé son indignation suite au décès de son ex homologue Morsi. « L’histoire n’oubliera jamais les tyrans qui l’ont conduit vers la mort en le mettant en prison et en le menaçant de l’exécuter » a déclaré le chef de l’État turc, un fidèle allié du président déchu.

Pas de funérailles publiques 

Aussitôt après sa mort, Mohamed Morsi a été discrètement inhumé par les autorités actuelles lors d’une courte cérémonie. Seule sa famille a été autorisée à y prendre part, mais sa demande pour des obsèques dans sa ville natale a été refusée.

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